MATTTHIEU POGAM (Tecnifibre) : "Une communauté, ça a de la valeur"

Equipementier axé sur les sports de raquette : tennis, squash et padel, la marque française Tecnifibre qui dévoilait hier sa nouvelle identité visuelle à l'occasion de ses 40 ans, équipe de nombreux champions dont les numéros un mondiaux de squash, hommes (Mohamed El Shorbagy) et femmes (Nour El Sherbini).

Très impliqué dans le tennis, Tecnifibre est partenaire de nombreux joueurs et joueuses dans le monde comme en France tels Daniil Medvedev (ci-dessous à droite), Daria Kasatkina, Jérémy Chardy ou Grégoire Barrère.

 

En exclusivité pour Bonne Image, Matthieu Pogam, sport marketing manager (ci-dessous à gauche), détaille cette politique de sponsoring, qui débute, dès 12 ans, avec des joueurs à fort potentiel, aussi combattifs qu'intelligents. Un maître-mot pour définir la relation aux athlètes : la proximité.

Matthieu Pogam et Daniil Medvedev - Photo Tecnifibre
Matthieu Pogam et Daniil Medvedev - Photo Tecnifibre

 

En quoi consiste votre politique d'accompagnement des joueurs et joueuses français ?

 

Matthieu POGAM.  On a pris le parti de construire des fondations solides avec les jeunes qu’on accompagne en France, de travailler sur le long terme. Aujourd’hui, on accompagne une centaine de joueurs français avec des contrats différents selon leur âge et leur niveau (don de matériel, aide financière au projet tennistique, etc.) On est présent sur une douzaine de tournois dans l’Hexagone pour repérer les jeunes, répondre aux questions, conseiller les familles si besoin mais on n’est pas là pour se substituer au coach. 

Ce qui est important pour nous, c’est le lien de proximité qu’on va créer. C’est une valeur forte pour la marque. Par exemple, en décembre, on a organisé un camp à Douarnenez (Finistère) avec de jeunes joueurs pour qu’ils partagent le quotidien de Daniil Medvedev, notre top player. Pendant une semaine, ils ont cohabité, participé à des activités différentes, ils ont assisté à la préparation foncière d’un pro. C’était une expérience forte. 

 

"Apporter le meilleur service possible

aux joueurs et joueuses qu'on accompagne

 

Quels est la valeur ajoutée de Tecnifibre ?

 

M.P. Pour nous, l’objectif est d’apporter le meilleur service possible aux joueurs et joueuses qu’on accompagne. Pour les meilleurs athlètes, on a un service de customisation de la raquette par exemple. 

Grégoire Barrère a signé avec nous en 2003-2004, c’est l’un des premiers joueurs à nous avoir fait confiance en France et aujourd’hui, il fait toujours partie du Team Tecnifibre. C’est un exemple de fidélité. J’espère qu’ensemble, on pourra aller chercher de bons résultats et entrer dans le top 100.

 

Au total, combien d'athlètes accompagnez-vous en France ?

 

M.P. Cent cinquante dont une quarantaine de joueurs et joueuses pros. Un tiers des joueurs du Top 100 français sont sous contrat avec Tecnifibre. Il y a Jérémy Chardy, notre team leader, Elliot Benchetrit, Tristan Lamasine, Constant Lestienne, Johan Tatlot… Tous ont un profil intéressant de futur joueur de Coupe davis.

Pouvez-vous nous parler du programme jeunes au niveau international ?

 

M.P. Chez les jeunes, on a lancé avec Lacoste le programme « Les Petits Crocos ». L’idée, c’est de créer un team de quinze jeunes entre 10 et 14 ans, les meilleurs mondiaux dans leur catégorie et de mettre en place du mentoring. En décembre prochain, aux Masters de tennis de Londres, huit joueurs seront invités à découvrir les coulisses avec Arnaud Di Pasquale, qui va pouvoir faire partager son expérience. On va créer trois ou quatre rendez-vous forts dans l’année pour faire vivre des expériences fortes aux jeunes. A Roland-Garros, certains partageront un clinic avec un champion. Tous ces rendez-vous nous permettent de créer une relation particulière avec ces joueurs, pour qu’ils se sentent vraiment bien dans la famille Tecnifibre/Lacoste.

 

"L'idée, c'est que les jeunes rayonnent sur le circuit Tennis Europe mais pas que.

On se projette sur du long terme"

 

Comment sélectionnez-vous les jeunes que vous accompagnez ?

 

M.P. Bien sûr, ce sont des jeunes très talentueux mais ce qui importe, c’est le feeling qu’on va avoir avec eux. A 12/13 ans, il y a des paramètres techniques, physiologiques et de maturité qui sont aussi pris en compte. L’idée, c’est qu’ils rayonnent sur le circuit Tennis Europe mais pas que. On se projette sur du long terme.

 

Justement, ça fait déjà un moment que vos têtes d’affiche sont chez vous… 

 

M.P. Oui, chez les filles, Daria Kasatkina a signé avec nous quand elle avait 14 ans. Elle n’était pas du tout dans les meilleures et puis elle a remporté Roland-Garros juniors et maintenant, à 21 ans, elle est dans le top 20 mondial. Elle fait partie de la famille Tecnifibre. Chez les hommes, on a signé Daniil Medvedev il y a trois ans quand il était 330e. Aujourd’hui, il est 14e mondial. 

 

"Sur le court, il faut qu'ils aient un comportement irréprochable. 

Un Kyrgios qui peut dégoupiller en tournoi, ce n'est pas notre cible

 

Quelles sont les obligations de vos joueurs et joueuses sous contrat ?

 

M.P. Sur le court, il faut qu’ils aient un comportement irréprochable. Un Kyrgios qui peut dégoupiller en tournoi, ce n’est pas notre cible. En fait, c’est simple, notre claim, c’est « FIGHT SMART ». On a des athlètes qui vont au combat sur le court mais qui jouent avec finesse et intelligence. Daria est une fine tacticienne.

 

Leur demandez-vous de relayer vos messages sur les réseaux sociaux ? 

 

M.P. Quand on a des temps forts comme un lancement de produit, on va leur demander de les mettre en avant sur leurs réseaux sociaux mais selon les joueurs, cela va se faire plus ou moins naturellement. Par exemple, Denis Istomin est peu sensible aux medias sociaux, au contraire de Daniil. On ne va pas imposer aux joueurs d’être présent sur Facebook ou Instagram mais c’est sûr qu’au moment de signer un contrat, on jette un œil sur leur nombre d’abonnés. Une communauté, ça a de la valeur.

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